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Festival Les Inrocks 20 ANS DE DéCOUVERTES
le 11/11/2007 par stephie
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Le temps file à une vitesse astronomique dans la galaxie rock. Le festival des Inrocks a soufflé ce week-end ses 20 bougies. En deux décennies, ces soirées du mois de novembre se sont imposées comme de vraies défricheuses de talents. Cette année encore, le magazine indie/rock a choisi de faire confiance à de jeunes pousses. Ces futurs grands se séparent en deux catégories : d’un côté les songwriters torturés et troublants (Devendra Banhart, Beirut ou Andrew Bird) et de l’autre les groupes fanfares électro/rock (New Young Pony Club, The Go ! Team ou Los Campesinos). Le festival des Inrocks se démarque aussi par son caractère national. Ces nouveautés ne sont pas réservées aux seules oreilles des Parisiens, mais se font également entendre dans les grandes villes de province. Adrenalyn a choisi l’option nordiste.
Vendredi 9 novembre :
La salle de l’Aéronef de Lille est encore bien vide lorsque pénètrent sur scène les londoniens de New Young Pony Club. Pour preuve, un seul groupe de fluo kids se presse près des barrières. Face à ce public clairsemé, la tâche s’annonce rude pour le quintet anglais. Vêtue d’une robe rose moulante, Tahita Bulmer est la seule à faire le show. La chanteuse à la coupe de cheveux décalée s’époumone au milieu de la scène. Tourbillonnant dans son collant pailleté, la nouvelle égérie de la pop/electronica, lutte pour animer la salle. A ses côtés, Andy Spence, guitariste vintage aux faux airs de Magnum, ne bouge pas de son pré carré. La pianiste, Lou Hayter, gagne quant à elle le concours de la musicienne la plus statique. Même si New Young Pony Club n’est pas gâté par cet horaire de début de soirée, la déception est grande. Dôté d’une solide réputation de groupe énergique et dansant, la formation britannique ne semble pas à son maximum. Lassée par ce manque criant d’ambiance, Tahita Bulmer ne cherche même plus à faire d’effort. Son regard se perd dans le vague de la salle dépeuplée. Les morceaux de Fantastic Playroom auraient mérité une meilleure mise en valeur. 
New Young Pony Club.
Sans patriotisme mal placé, c’est une petite française qui va enfin faire décoller la soirée. Révélée par MySpace, Yelle attire aussi bien curiosité que railleries. Estampillée tecktonik, la chanteuse d’electro/pop/punk n’a pas peur des mots. Sautillant d’un bout à l’autre de la scène de l’Aéronef, elle fait sortir de sa bouche des paroles féministes et provocantes. Son tube, le très anti-chaste, Je veux te voir, appelle à une totale liberté de corps tandis que Mon meilleur ami est une ode non masquée à son sextoy. Affublée d’un énorme smiley en lego, Yelle s’impose comme la Lio du 21ème siècle. Aussi extravertie que son aînée, elle apporte une touche d’électro déjantée à sa pop de midinette. La bretonne d’origine transforme la salle lilloise en un dance-floor. Après avoir déclamé ses textes débridés, elle s’éclipse pour laisser place à des instrus très clubbing. Avec ce package tecktonik, Yelle s’adresse avant tout aux ados désarticulés. Les rockeurs pur et dur affichent un sourire ironique face à ce petit lutin techno. À défaut d’acheter son album, on applaudit quand même celle qui a réveillé la soirée.
Yelle.
Le festival des Inrocks est attaché aux contrastes. Après le flashy féminin de Yelle, c’est au tour du rockabilly oldschool de Jack Peñate d’apparaître sur scène. Affublé de son éternel chemise de bucheron, le jeune anglais a décidé de donner un sens plus rock à cette soirée. Le londonien attaque d’entrée avec son tube survolté, Spit At Stars. À toute allure, il enchaîne les titres survitaminés de son album Matinée. Visiblement dans un état second, le songwriter crie sur son micro, raconte des anecdotes au public, triture avec psychédélisme sa guitare et s’amuse avec sa casquette. Le sourire aux lèvres, Jack Peñate s’attire facilement les faveurs du public. Équipé d’un naturel à toute épreuve, il est sans conteste la caution rock de ce festival. Ours mal léché ou contre-courant rafraîchissant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cet ovni attachant.
Jack Peñate.
Les nouveautés sont décidément à chercher de l’autre côté de la Manche. Pour clôturer cette première soirée de concerts, c’est encore un groupe anglais qui surgit face au public de l’Aéronef. Deux batteries, des synthétiseurs, plusieurs guitares. The Go ! Team ne manque pas de matériel et de talent. À l’image de Cajun Dance Party ou encore d’Architecture In Helsinki, la formation britannique fait partie de ces groupes fleuves où chacun met la main à la pâte. Les six membres de The Go ! Team ne se cantonnent pas à un seul instrument. En toute décontraction, Kaori Tsuchida passe du clavier à la guitare jusqu’à la flûte à bec, tandis que Chi "Ky" Fukami Taylor s’échappe de sa batterie pour aller chanter au devant de la scène. Dans un grand bazar organisé, le groupe de Brighton nous offre les titres indie/rock festifs de son dernier opus intitulé Proof Of Youth. Sans complexe, il oscille entre différents styles. Ninja, la charismatique chanteuse de la formation apporte même sa touche hip-hop. Avec une recette dansante quasi similaire, New Young Pony Club n’a pas réussi à faire bouger le public des Inrocks. En utilisant un sens plus aigu de la cohésion, leurs compatriotes de The Go ! Team n’ont aucune difficulté à nous faire remuer.
The Go! Team.






