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The Noisettes UN GROUPE NON INFLUENçABLE
le 21/01/2008 par stephie
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Vous avez fait des tournées avec de nombreux groupes comme TV On The Radio, ou encore les Babyshambles. Quel est votre meilleur et votre pire souvenir ?
Jamie Morrison : La meilleure tournée, c’était avec TV On The Radio. Ils font vraiment quelque chose de différent et d’excitant. Ils sont incroyables. Mais, on a eu des supers expériences avec tous les groupes avec qui on a fait une tournée. Le pire moment, c’est sûrement lorsque les gens se blessent. À chaque concert, il y a un moment incroyable et un moment horrible. Une fois, Shingai s’est cassé le bras sur scène. C’était très dur. C’était lors d’une tournée avec les Babyshambles. Elle a glissé lors d’une chanson et s’est cassé le bras. On a dû la faire sortir et Dan jouait encore un solo sur scène. (Rires)
C’est parfois dangereux de faire des concerts ?
Jamie Morrison : Oui, ça peut l’être. Il y a quelques éléments dangereux. On n’est pas juste immobile sur scène, on donne beaucoup d’énergie. N’importe quoi peut arriver et doit arriver.
Vous donnez énormément à votre public ?
Jamie Morrison : Oui, nous donnons beaucoup au public, mais c’est notre manière d’être. Même lorsque l’on fait les balances, on met autant d’intensité.
Mais cette année, vous avez dû annuler votre tournée ?
Jamie Morrison : Oui, on a arrêté la tournée. Pour les derniers concerts, c’est le bassiste des Babyshambles qui a joué avec nous car Shingai ne pouvait plus. Malheureusement, on a dû annuler le reste de la tournée pour des raisons de santé. C’est toujours triste de finir des concerts avant la date prévue. On a dû annuler la tournée américaine. C’est vraiment énervant mais cela arrive. On y retournera un jour.
Et comment vous sentez-vous maintenant ?
Jamie Morrison : On n’a pas joué depuis un moment. Le dernier concert que l’on a fait, c’était à New-York au Irving Plaza, il y a quatre semaines. C’était sympa. Je me sens bien. Je suis heureux d’avoir eu une pause. Dan et Shingai en ont profité pour écrire des morceaux. Moi, j’ai traîné un peu. Mais, je suis impatient de débuter cette nouvelle tournée.
C’est durant cette pause que vous avez enregistré votre nouvel album ?
Jamie Morrison : Non, nous l’avons juste écrit pour l’instant. C’est après que nous allons le transformer en bout de plastique.
J’ai lu que Dan a dit que ce nouvel album va être encore plus percutant que le premier.
Jamie Morrison : Pour le premier opus, on l’a réalisé sans trop savoir ce qu’il fallait vraiment faire. On ne savait pas faire un album et écrire des chansons. Pendant la dernière tournée, on a compris que pour le prochain, on le ferait vraiment à notre manière et qu’on s’appliquerait plus pour l’écriture des morceaux avant d’entrer en studio. On a un projet plus ambitieux et de plus grandes idées. Le premier album a été fait un peu partout dans le monde. C’est pour cela que les morceaux sonnent tellement de manière différente. Je veux que tous les morceaux aient un style différent mais qu’en même temps on puisse sentir qu’ils ont été enregistrés au même endroit et au même moment. C’est ce que nous allons essayer de créer.
Est-ce que vous savez où vous allez l’enregistrer ?
Jamie Morrison : Non, pas encore. L’endroit où tu enregistres n’a pas vraiment d’importance à partir du moment où tu as de bons morceaux. Mais ce n’est pas l’attitude que l’on avait pour le premier album. On pensait que l’environnement autour de nous, nous aiderait à faire de supers chansons. Cette fois-ci, on écrit de bons morceaux et on verra bien où on les enregistre.
Cette nouvelle année va être très chargée pour vous ?
Jamie Morrison : Quand l’album va être terminé, cela va être sûrement très calme pendant quelques mois. Et après, on va partir en tournée durant deux ans. La dernière tournée a été très longue car nous avons dit oui à toutes les propositions, de Singapour au Japon etc. La prochaine fois, on sera plus organisé. On passera plus de temps en Europe parce qu’on a gaspillé notre temps en Angleterre. Ils sont tellement en retard dans leur manière de penser. Ils ne savent pas ce qui est bon. Ils sont encore dirigés par les journalistes et les médias.
Tu penses vraiment que c’est différent dans les autres pays ?
Jamie Morrison : En Europe, je ressens vraiment plus de respect pour la musique. On va passer plus de temps en Europe, en Amérique et aussi en Asie. On adore le Japon. On veut aller dans des endroits intéressants.
En Angleterre, la musique est contrôlée par les magazines ?
Jamie Morrison : Oui, malheureusement, c’est dirigé par le magazine NME. Je les déteste. Je refuse de leur parler. Ils sont responsables de tellement de merdes. Ils sont en train de tuer la musique. C’est à cause d’eux qu’on manque de bonne musique en Angleterre. Il y a bien sur des exceptions, il y a toujours des supers groupes partout. Mais tu ne feras pas venir des gens à un concert ou les faire acheter un album à moins qu’il ne soit en couverture de NME. Et tu ne seras pas en couverture de NME à moins de passer sur l’antenne de Radio 1. C’est n’importe quoi ! Cela n’a pas d’importance d’être un bon groupe en Angleterre. L’important c’est de savoir combien d’argent ta maison de disque peut investir pour faire ta promotion. Cela me met vraiment en colère. On ne fera plus de longue tournée en Angleterre, juste les principales villes durant une semaine. Si les groupes pouvaient se libérer de ces gens, la musique serait tellement meilleure.
Mais il y a beaucoup d’autres groupes anglais qui sont d’accord avec toi.
Jamie Morrison : Oui, mais malheureusement le changement ne pourra pas venir des groupes. Il y a une telle industrie au-dessus d’eux. Les jeunes sont tellement habitués à ce qu’on leur dise quoi aimer. C’est dingue. Il n’y a pas d’opinion. Où est leur opinion ?
Tu ne penses pas qu’Internet a changé les choses dans le bon sens?
Jamie Morrison : Non, c’est pire ! Je pourrais en parler pendant une semaine ! Internet a rendu la musique encore plus horrible. Cela a détruit l’excitation de découvrir quelque chose. Quand j’étais petit, je pensais être le premier à avoir découvert Nirvana même s’ils avaient déjà vendu des millions d’albums. Je suis allé au magasin de disques, j’ai regardé leur pochette et j’ai acheté leur album. Je l’ai adoré et ce sera éternellement l’un de mes groupes préférés. Mais, je ne pense pas qu’on puisse ressentir cela avec The Wombats. Je n’ai rien contre eux, je ne les connais pas, je ne les ai jamais entendu. Mais, on ne peut pas ressentir cette excitation avec tous ces groupes parce qu’on dit déjà : « C’est le meilleur groupe ! ». C’est pareil avec The Pigeon Detectives. Je ne les critique pas mais je ne sais pas ce qu’ils font. Ils ne représentent rien pour moi. Ils ont juste été mis sur le devant de la scène. Il pourrait y avoir un autre concert fantastique en ville mais tout le monde ira les voir eux car on leur a dit d’y aller. C’est dingue. C’est terrible cette situation.
Mais, c’est la même chose en France. Ce soir, vous participez au festival organisé par le magazine Les Inrocks qui lui aussi influence beaucoup le monde musical.
Jamie Morrison : Oui, mais ce soir on est sur l’affiche de ce festival. En Angleterre, The Noisettes ne serait pas dessus. Les groupes qui sont là ce soir ne pourraient pas faire la première partie de The Editors. De l’autre côté de la Manche, on n’est même pas considéré. C’est ce qui fait toute la différence avec l’Europe. Si tu es un bon groupe, tu es respecté. Ce n’est pas le cas en Angleterre.




